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Les dossiers thématiques |
| Prendre de l'âge sans perdre la vue |
| À partir de 60 ans, de nombreuses personnes souffrent dun trouble de la vision. Le mettre sur le compte de lâge, cest peut-être juste. Mais ne pas réagir
cest archi-faux ! |
Plus la population devient âgée, plus certains troubles deviennent fréquents. C’est une évidence, et pourtant trop de personnes de plus de 60 ans négligent leur vue et hésitent encore, face à des signes de défaillance visuelle, à demander conseil à un opticien ou à un ophtalmologue. Outre la cataracte et le glaucome, il existe en effet un troisième trouble, assez redoutable, dont la fréquence grandissante est étroitement liée au vieillissement de la population : la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA). Cette affection touche plus d’une personne sur 10 après 60 ans, et une sur 3 après 75 ans. En Suisse, elle est la première cause de malvoyance chez les plus de 55 ans.
DMLA: Dégénérescence maculaire liée à lâge

La DMLA est une maladie qui détériore la macula, partie centrale de la rétine, entraînant ainsi la perte de la vision centrale et ne laissant intacte que la vision périphérique ou latérale. La macula, cette petite zone dun millimètre de large, située juste dans laxe visuel, permet la vision précise, indispensable à la lecture, lécriture, la reconnaissance des détails. Le reste de la rétine, lui, offre une vision de lespace et des formes, sans distinction des détails. Les causes précises de la DMLA restent partiellement mal comprises, mais il nen reste pas moins que cest une maladie qui survient avec lâge. Alors, avec les années, ouvrez loeil
Et réagissez aux premiers symptômes !
Au début les premiers symptômes peuvent en être très discrets et ne pas attirer lattention de la personne qui en souffre, à plus forte raison lorsque lautre oeil est sain. Il sagit notamment dune perte dacuité visuelle, de laltération de la perception des contrastes, parfois également des troubles de la vision des couleurs et de lapparition dune sensation de déformation et dondulation des lignes droites et horizontales. Dans un second temps, la dégénérescence entraîne des troubles beaucoup plus marqués et plus handicapants de la vision centrale : lecture, conduite, reconnaissance des visages familiers ainsi que certaines tâches ménagères deviennent difficiles, voire impossibles. Enfin, dans certains cas de DMLA, la diminution des capacités visuelles peut être très brutale et entraîner immédiatement un handicap majeur.
L'une sournoise, lautre brutale
Il existe deux formes de DMLA, très différentes l’une de l’autre. La plus fréquente, dite sèche ou atrophique, représente 70 à 80 % des cas. Elle est caractérisée par la présence dans la macula de dépôts de couleur jaune conduisant à une lente baisse de la vision. L’autre, appelée humide ou exsudative, est plus rare. Mais elle entraîne une baisse rapide et importante de l’acuité visuelle, et elle peut se traduire par une perte irréversible de la vision centrale en quelques mois. Elle est due au développement pathologique de néovaisseaux dans le tissu rétinien avec complications hémorragiques associées à ce phénomène. Les cicatrisations spontanées suivant ces accidents hémorragiques conduisent à la formation de «taches aveugles » perçues par le patient comme des taches noires en plein centre de l’oeil qui peuvent mener à la cécité.
Que faire ?
La forme hémorragique de la DMLA, très brutale, est une véritable urgence ophtalmologique et nécessite la prise en charge sans délai du patient. Dans ses autres formes, cette maladie est beaucoup moins facile à mettre en évidence. Du moins pour le néophyte ! Les premiers symptômes peuvent facilement passer un certain temps inaperçus ou être mis sur le compte de la fatigue et ne pas être pris en considération. Or cette pathologie, encore méconnue du grand public, est, statistiquement, en pleine ascension ! La sagesse exige donc, dès lapparition de lun ou de plusieurs symptômes parmi ceux décrits plus haut, de prendre rendez-vous pour un examen ophtalmologique complet, tension intraoculaire et fond de loeil compris, afin de tout mettre en oeuvre pour avoir le bon diagnostic. Un diagnostic précis et précoce améliore très sérieusement les chances de préserver les meilleures fonctions visuelles.
Quelles solutions ?
Au début de la maladie dans sa forme la plus courante, dite sèche ou atrophique, il est possible, avant que la macula ne soit entièrement lésée, de bénéficier de systèmes visuels grossissants qui permettent de compenser en partie la perte de la fonction visuelle. Ces systèmes s’adaptent sur les lunettes et aident les patients à vivre avec une vision correcte. Lorsque la macula est très endommagée, l’une des principales solutions proposées est la réhabilitation visuelle. Elle consiste à apprendre au patient à mieux utiliser sa rétine périphérique qui, elle, est épargnée par le processus dégénératif. Après plusieurs mois d’exercices quotidiens, il est ainsi, parfois mais pas toujours, à nouveau possible de lire et d’écrire, bien qu’avec difficulté. Face à cette forme de DMLA, la collaboration entre opticiens, ophtalmologues et parfois psychologues est importante, d’une part pour prévenir l’isolement social d’une personne âgée souffrant de ce trouble, et d’autre part pour mettre en commun les chances d’améliorer sa capacité visuelle, et surtout d’éviter l’évolution vers la malvoyance.
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Deux traitements récents |
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Fig1 : Angiographie fluorescéinique montrant une membrane néovasculaire semi-circulaire autour d’une zone d’atrophie (couronne blanche qui augmente d’intensité et diffuse progressivement au décours de l’examen). |
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Fig2 : Même lésion que Fig1, 1 mois après traitement par thérapie photodynamique.
On voit nettement la disparition de la lésion semi-circulaire blanche correspondant à la membrane néovasculaire. Il n’y a plus de diffusion du produit de contraste. |
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Quant à la dégénérescence maculaire liée à l’âge
dite humide ou exsudative, les progrès effectués dans
les traitements laser de l’oeil offrent dans certains cas de
bonnes chances de succès, même avec des lésions
relativement avancées.
Deux formes de traitements, complémentaires
dans leurs indications, ont démontré leur efficacité à la
stopper.
La première, la photocoagulation au laser,
permet effectivement d’obtenir une cicatrisation des néovaisseaux,
mais il présente aussi le risque, non négligeable, de
léser le tissu rétinien situé à proximité de
l’action du rayon laser. Les indications thérapeutiques
de la photocoagulation au laser demeurent très
limitées. De plus, le taux de récidive chez les personnes
ainsi traitées est assez élevé.
Un autre traitement,
la photothérapie dynamique a plus récemment été mis
au point. Dans un premier temps, il consiste à administrer par
voie intraveineuse une molécule encapsulée dans des liposomes.
Cette dernière a pour propriété d’aller
se fixer au niveau de certains récepteurs. Ensuite, elle est
activée par l’action d’un faisceau laser non chauffant,
ce qui entraîne une thrombose des vaisseaux. Ce traitement a
déjà fait de manière significative la preuve de
son efficacité.
Photocoagulation au laser ou thérapie
photodynamique, toutes deux peuvent être réalisées
ambulatoirement. Elles ne sont pas plus pénibles qu’un
simple examen chez l’ophtalmologue, juste un peu plus longues
(respectivement 20 et 30 minutes). Des contrôles 15 jours après,
puis tous les mois sont ensuite nécessaires pendant trois mois.
Après la cicatrisation, le patient aura en général
besoin d’aides grossissantes et parfois d’une réhabilitation
visuelle. L’opticien définira alors avec lui le moyen
auxiliaire le mieux adapté à son cas. |
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En conclusion...
Même si les causes exactes de la dégénérescence maculaire liée à l’âge sont encore partiellement méconnues, il est encourageant de voir que des traitements performants existent. Le tout est de pouvoir et de savoir en profiter lorsque l’on en a besoin ! Vous avez plus de 60 ans? Pas de négligence avec vos yeux ! Si elle n’est pas diagnostiquée assez tôt, ni traitée à temps, la DMLA peut être la cause d’une perte de vue irréversible. Même si vous n’en aviez jamais entendu parler auparavant, ne prenez pas d’éventuels symptômes à la légère : la DMLA augmente proportionnellement au vieillissement de la population, et certains n’hésitent pas à prévoir une véritable épidémie ! Il est donc à la fois sage et prudent de consulter un opticien ou un ophtalmologue si vous avez le moindre doute. Vieillir en bonne santé, c’est bien, mais en gardant de bons yeux, c’est encore mieux ! |
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